ballon onirique_edited.jpg

"La faille en Soi est un chemin vers Soi"

Khaled Roumo

Voici le script d'une séance complète.

Elle donne un aperçu de ce qu'est un accompagnement en maïeusthésie.

Celui-ci varie fortement d'un consultant à l'autre,

en fonction de son symptôme, de son vécu et de la nature de ses ressentis.

Ce voyage intérieur induit un état de conscience modifié,

subjectif mais réel pour le consultant.

L'attention du praticien en maïeusthésie est portée sur le consultant ainsi que sur les "Êtres de sa psyché", puis sur leurs ressentis, bien plus que sur les événements vécus.

Dans cette séance, les événements traumatiques ne sont que brièvement mentionnés,

ils ne sont aucunement revisités. 

C'est celui qui consulte qui sait, le praticien ne fait qu'accompagner une pertinence déjà à l'oeuvre. Il s'agit d'un travail d'équipe, d'une collaboration.

D'un chemin vers des rencontres et des reconnexions intérieures.

C'est le symptôme qui amène à consulter. Derrière ce symptôme, une partie oubliée de la psyché demande à être mise en lumière. La séance débute par l'identification ou la précision du symptôme. Celui-ci servira de fil conducteur tout au long de l'accompagnement et amènera à rencontrer un ou plusieurs "Êtres de la psyché" qui appellent à être reconnus et réhabilités. 

 

Non-jugement
Guidage non-directif
Sensibilité à ce qu'exprime le consultant,
au delà des mots

Réjouissance à rencontrer ces "Êtres de la psyché"
Sont la feuille de route de ce voyage à l'intérieur de Soi.

 

Script d'une séance complète - Un chaleureux merci à la consultante qui a accepté que son entretien soit partagé.

 « Être dans l’amour et ne pas se trahir »

LEGENDE :

*P : pour désigner le praticien

-A : pour désigner le consultant

Commentaires et explications de l'approche maïeusthésie

Non verbal consultant ou praticien

*P : Bonjour, que souhaiterais-tu aborder aujourd’hui ?

-A : J’aimerais rencontrer ce qui en moi vit une profonde insécurité. Je le vis dans des contextes différents, en lien avec la nourriture, le professionnel, le logement, dans les liens affectifs aussi je suppose. C’est quelque chose que j’ai du mal à aller rencontrer seule, je ne peux que constater la fuite.

*P : D’accord. En toi il y a ce sentiment d’insécurité que tu aimerais aller rencontrer, qui est présent à tous les niveaux…

-A : Oui, je ne sens pas la confiance. Au niveau professionnel j’ai décidé de faire ce que j’aime mais ça ne m’assure pas un revenu suffisant, ça couvre à peine mes dépenses, et je dois déménager mais je ne sais pas très bien où aller. Il n’y a rien qui vient de façon fluide. Et tout ça génère beaucoup d’insécurité.

*P : Tu aurais cet élan de vivre de façon plus alignée, en écoutant ce qui appelle en toi, mais c’est coûteux en énergie et ça génère une insécurité constante !?

-A : Oui dans ma tête je sais que la détente permet la circulation de la vie, le mouvement, de pouvoir donner et recevoir, mais je ne le vis pas ! Je ne sens pas la confiance, la joie, la légèreté, c’est que l’insécurité !

*P : Elle est très forte cette insécurité, elle prend toute la place !?

-A : Oui c’est clair!

*P : Et cette insécurité, c’est comme s’il risquait d’y avoir quoi ? ou qu’il manquait quoi ?.

-A : Là c’est un endroit où c’est compliqué d’aller. Au niveau du plexus solaire c’est tout serré.

*P : D’accord. C’est comment ce truc qui serre au niveau du plexus ?

L’identification de la part de la psyché (c'est à dire de l'Être qui a été  clivé, aussi appelé Être émergeant) qui appelle à être reconnue est la première étape de l’accompagnement. Ici, les ressentis se précisent au niveau corporel. C’est en suivant et en affinant ce ressenti que nous identifions l’Être émergeant.

-A : Dans un premier temps c’est non je n’y vais pas. Et comme là j’y suis un peu… c’est très contracté. C’est le plexus, c’est la nuque. Et là il y a une émotion mais je ne sais pas ce que c’est !

Je perçois que l’émotion est très forte au son de sa voix qui se serre.

*P : Là il y a quelque chose qui se contracte tellement que ça donne envie de pleurer !?

Le thérapeute reformule ce qui est exprimé de manière non-verbale et prend la mesure de ce qui est ressenti par la consultante.

-A : … soupir, silence

*P : C’est comment là, au niveau du plexus, des cervicales ?

-A : Ça va mieux, ça s’est déplacé au niveau de la gorge. Ça me ramène à un endroit déjà visité plusieurs fois, qui est… euh… ouais… pfff... C’est  l’incarnation.

*P : D’accord, ce qui te vient c’est l’incarnation !?

-A : Au moment où on descend dans la matière, c’est trop serré, c’est trop petit.

Voix fébrile, comme si un sentiment de panique se dégageait.

*P : Il y a quelque chose d’inquiétant dans cette arrivée dans la matière. C’est trop étriqué !?

-A : Oui, il y a un truc qui dit non !

*P : Tu pourrais mettre l’attention sur ce truc qui dit non ?

Le praticien est déjà en proximité avec l’Être de Soi clivé (ce truc qui dit non) qui s’exprime à travers le symptôme et qui appelle à être reconnu. Il bénéficie de l’attention du praticien avant même qu’il ne soit identifié. Une fois l’Être identifié, la phase thérapeutique se met en place. Il s'agit de  restaurer l’état communicant entre le Soi (la psyché) et l'Être identifié, jusque là clivé. Elle se réalise par l'accompagnement du patient à la validation des ressentis et à la reconnaissance de l’Être dans toutes ses dimensions.

-A : Oui, c’est celui qui descend, il y a un refus en fait.

*P : Tu pourrais garder l’attention sur celui qui dit non, et lui dire : « pour toi c’est non, t’as pas envie d’y aller ! »

-A : C’est trop serré, c’est trop petit.

*P : Demande-lui : « c’est quoi qui est trop serré, trop petit ? »

-A : L’espace… c’est la limitation de la matière.

*P : Ouais, que ce soit trop serré, trop petit c’est insupportable, ça le met en tension !?

-A : Ouais

Soulagement.

Le simple fait de valider le ressenti de l’Être identifié permet d’apaiser la tension. Il ne s’agit pas de chercher à apaiser (ce qui serait une forme de déni du ressenti), mais l’apaisement découle naturellement de la reconnaissance de l’Être et de la validation de ses ressentis. Nous ne cherchons pas non plus à expliquer ce qu'il se passe. Une dimension spirituelle existe dans ce travail de rencontre intérieure, mais nous ne cherchons aucunement à interpréter ou à élaborer une théorie (sur l'incarnation par exemple). Nous accueillons, inconditionnellement ce qui se présente lors de la séance car cela a toute sa pertinence pour le consultant qui est en train de le vivre.

*P : Tu peux lui dire : « cet espace qui est limité, toi tu n’en veux pas ! C’est tellement mieux dans les espaces infinis, t’as pas très envie de venir te mettre là-dedans ! »

Connivence avec l’Être, validation de la justesse de son ressenti.

-A : C’est ça ! Et ce qui me vient, c’est l’énergie qui dépasse la matière. L’image que j’ai eue c’est l’énergie vibratoire qui est coincée dans un corps, qui est limitée au corps. C’est une lumière jaune orangée qui à un moment donné dépasse la limite du corps. En fait non, ça va au-delà du corps ! J’ai senti un truc qui se détend un peu.

*P : Le fait d’avoir vu cet être, ça a permis de déployer cette lumière vibrante qui est si puissante, au début tu la vois limitée à la matière, mais ensuite c’est un truc qui s’expanse bien au-delà de la matière. Et juste le fait d’être avec ça, il y a un truc qui se détend !?

-A : Oui, juste le fait d’avoir mis l’attention sur lui. Il n’y a pas eu de compréhension. Et pour moi, c’est l’expérience de sentir quelque chose dans le corps où la vision apparaît alors qu’avant j’étais plutôt au contact de quelque chose qui est tendu, parce que c’est trop petit.

On ne cherche ni à apaiser ni à analyser ou comprendre, il s’agit simplement de donner de l’attention aux Êtres, de les reconnaître dans leur dimension ontique/ existentielle, et de valider ce qu’ils éprouvent.

*P : Comme s’il y avait pour cet être la prise de conscience que le corps, ce n’est pas une limite !?

-A : Que le corps et la matière, ce n’est pas une limite. Mais que lui il avait cette perception-là.

*P : C’est intéressant ça. C’est une prise de conscience pour l’être, mais c’est aussi comme si le corps l’avait entendu aussi, qu’il n’était pas une limite.

En maïeusthésie, le corps est aussi considéré comme un interlocuteur à part entière, qui ici se détend, et dont le vécu est différent de celui de l’Être.

-A : Oui !

Rires francs

*P : Peut-être même qu’on peut lui dire au corps ! Tu pourrais placer l’attention sur le corps ?

-A : … pleurs

*P : Qu'est-ce qui se passe pour toi là ? Il y a quelque chose qui te touche quand on place l’attention sur le corps !?

-A : Il se vit comme une limite en fait !

Tristesse

*P : Tu peux lui dire ça : oui toi tu croyais que tu étais une limite, c’est comme ça que tu te vivais toi !?

Proximité avec le corps, grande délicatesse et réjouissance à le rencontrer.

La réjouissance du praticien est un aspect fondamental en maïeusthésie. Le praticien est émerveillé de la vie qui s’accomplit à travers les symptômes (grâce aux symptômes) qui mènent à la rencontre des Êtres.

-A : … forte émotion

*P : C’est comment pour lui ?

-A : Ça c’est la première fois par contre, d’être vu à cet endroit-là.

*P : C’est la première fois qu’on le rencontre à cet endroit-là !

-A : Et de voir la culpabilité à être une limite. Il se sent coupable d’être une limite pour moi.

*P : C’est très touchant, le corps qui se vit comme une limite, à qui on peut dire « c’est vraiment pas agréable pour toi, d’être contracté tout le temps. » Et en plus il vit la culpabilité d’être une limite pour l’être que tu es.

-A :  Oui, je suis désolée je fais beaucoup de bruits.

Borborygmes et bruit vocaux.

*P : C’est le corps qui s’exprime ! Il se passe quoi avec ces bruits, est-ce qu’il y a une émotion ?

-A : Je sens que ça se détend, qu’il y a quelque chose qui se libère.

*P : D’accord. C’est chouette ça ! Ça se libère et ça fait du son.

-A : Oui

*P : C’est comme si ça disait quoi ?

-A : Je ne sais pas… euh, c’est comme s’il disait je suis là. Il a été reconnu.

*P : Ouais. Et est-ce qu’il y a quelque chose qu’il voudrait qu’on entende ?

La phase de vérification est la troisième phase du processus thérapeutique. Elle permet de vérifier le ressenti des Êtres rencontrés et celui de la consultante afin de voir s’il reste une zone existentielle à explorer. Si rien n’appelle plus la conscience, la remédiation est effective, et l’on peut évaluer l’état (modification ou disparition) du symptôme initial. Si un inconfort persiste, c'est que de nouveaux Êtres appellent à être rencontrés.

-A : Non, ça ne me vient pas.

*P : Ok. Et c’est comment pour toi de sentir que le corps s’est détendu ?

-A : Ben c’est juste génial ! C’est comme ça que j’aimerais être tout le temps !

Rires

*P : C’est pas mal hein !? Ok.

Nous arrivons ici à un premier palier. Une première remédiation a été faite. 

(La séance pourrait s'arrêter ici)

Et c’est comment pour l’être lumineux, qui est en capacité d’irradier et de diffuser sa lumière au-delà du contour du corps ? Tu peux lui demander « comment c’est pour toi ? »

-A : Ben… je ne sens plus le contact en fait.

*P : D’accord ! C’est comme s’il n’était plus nécessaire le contact, ou il est coupé !?

-A : Il est un peu coupé… Je ne me sens pas proche. C’est comme si c’était une image mentale, mais je ne me sens pas proche.

*P : Et c’est comment pour toi de ne pas te sentir proche ?

-A : Super ! Super la question ! Je me sens triste et isolée !

*P : Oui, il y a de la tristesse à ne pas se sentir en connexion. C’est comme si tu étais isolée de quoi ?

-A : Isolée de lui.

*P : C’est quelque chose qu’il peut entendre? Si tu lui dis « tu sais, là je n’arrive pas à entrer en contact, et ça me rend profondément triste et isolée. »

-A : Ben je ne le sens pas. Disons qu’il n’est pas là.

*P : D’accord. Donc lui est apparu tout à l’heure mais là il n’est pas là, et le sentiment que ça te donne c’est que tu te sens isolée de lui. Et pour le corps, c’est comment ? Est-ce que ça lui fait quelque chose ?

-A : Il est relativement détendu, mais il y a une légère tension au fond de la gorge.

Il reste une zone à explorer au niveau du corps, qui n’a pas encore été reconnue.

*P : Elle est comment cette tension, c’est comme s’il y avait quoi ?

-A : C’est comme s’il y avait quelque chose qui appuie. Comme un point de pression.

*P : C’est un point de pression qui cherche à faire quoi ?

-A : … silence

*P : Est-ce que c’est quelque chose qui ne passe pas, est-ce que c’est quelque chose qu’on retient … ?

-A : Ce n’est rien de tout ça. C’est comme s’il y avait un pouce à l’intérieur, qui appuyait. Comme sur un bouton qu’on garde appuyé.

La maîeusthésie est une approche non-directive, ce qui laisse au consultant la liberté de valider ou d’invalider les propositions faites. Le praticien est toujours en non-savoir quant aux éprouvés du consultant ( lui seul sait ce qui se passe en lui! ).

*P : D’accord. Comme un pouce qui presse à l’intérieur de la gorge !?

-A : C’est plutôt comme l’empreinte d’un pouce… et maintenant ça n’est plus là. Ce n’est presque plus là.

Je perçois des émotions, une sorte de fébrilité.

*P : D’accord. C’est surprenant, on en parle, et c’est comme s’il ne restait qu’une trace, comme l’empreinte d’un pouce qui presse !?

-A : Mais ça n’est presque plus là, c’est très subtil. C’est comme… ça m’a fait ça il n’y a pas longtemps. J’ai dû porter un masque FFP2 pratiquement toute une journée dans une maison en travaux, et quand je suis rentrée chez moi, j’avais la perception de la présence du masque alors que ça faisait quatre heures que je ne le portais plus. Et là ce qui reste de cette pression d’appui, c’est comme le souvenir de, mais qu’il n’y avait plus.

*P : Il y a le souvenir de quelque chose qui a laissé son empreinte. Ce serait le souvenir de quoi ?

-A : Je ne sais pas. Ce que je partageais c’est l’expérience que j’ai faite la semaine dernière où je portais un masque FFP2 et que des heures après j’avais la sensation physique du masque alors que je ne le portais plus. C’est comme si c’était encore là alors que ça n’est plus. C’est comme le souvenir du truc qui presse dans la gorge, mais c’est déjà plus là.

Ici l’Être que nous allons rencontrer permet de montrer le chemin vers l’être qui appelle. Il sert de relais. C’est comme une étape nécessaire car de voir directement l’Être qui appelle semble trop direct ou douloureux pour la consultante.

*P : Et tu pourrais garder l’attention sur celle que tu étais il y a une semaine et qui a encore la sensation d’avoir ce masque qui fait une pression sur le visage ? et lui demander « c’est comme si c’était encore là ? »

-A : Oui, c’est clairement ça.

*P : Tu peux lui demander : « c’est comment pour toi que ce soit comme si c’était encore là ? »

-A : C’est très bizarre comme sensation !

*P : En quoi c’est bizarre !?

-A : D’avoir la sensation physique de la présence d’un matériel extérieur au corps (rires) et en fait qui n’est pas là. Comment c’est possible ? D’avoir la sensation physique de quelque chose qui n’est pas là ?

Je sens chez la consultante une forme de malaise et de perplexité.

*P : oui ça questionne, d’avoir la présence physique de quelque chose qui n’est pas là. Ou qui n’est plus là.

-A : Qui n’est plus là, oui exactement.

*P : Tu peux lui demander : « tu as déjà eu la sensation d’avoir la présence d’un truc extérieur qui n’est plus là, mais de le sentir encore ? »

-A : euh… tu pourrais reposer la question ?

Trouble, confusion, rire

*P : bien sûr, tu pourrais lui demander à elle : « mais cette sensation bizarre d’avoir un truc qui est encore là alors que ce n’est plus là, tu l’as déjà eue avant ? »

-A : … Ah les flashs qui arrivent là… c’est des flashs d’éléments aussi rencontrés déjà… d’expériences désagréables ou traumatisantes, perturbantes… et effectivement, des traumas qui restent présents alors que l’événement initial est terminé.

Je perçois à la fois une réticence à évoquer ces flashs, et une forme de distanciation en les évoquant. 

Il est toujours essentiel de préserver le seuil de discrétion (zone de pudeur)  du patient. Il n’est pas nécessaire de raconter (à moins que ce soit à la demande du consultant) les événements traumatiques. L’événementiel n’est pas ce sur quoi l’on cherche à poser l’attention, au contraire.

*P : Ouais. Quand on lui demande si ça lui est déjà arrivé, il y a plein de flashs qui arrivent, d’événements qui sont désagréables…

-A : Ben d’événements qui ont été, qui ne le sont plus. Ça me dérange de l’entendre au présent. Ils sont désagréables, non. Ils ne sont pas désagréables en ce moment !

La psyché, notre structure psychique, n'est ni temporelle ni spaciale. Les Être de Soi qui s’y trouvent, soit de façon intégrée lorsque tout va bien, soit de façon clivée lorsque leur vécu est trop douloureux, n’ont jamais cessé d’être présents, ils sont simplement "relégués" dans une zone temporairement inaccessible. Cependant, les événements peuvent être replacés dans le temps et l’espace (c’est d’ailleurs ce que demande expressément la consultante).

*P : En fait, tous ces événements, ça a déjà été vu, et tout ça appartient à un moment du passé. Et en même temps, il y a tous ces flashs qui sont là, où il y a la sensation de quelque chose qui a été mais qui n’est plus là. Comme des résidus post-traumatiques. Mais j’entends aussi que quand on évoque ça… ça ne te donne pas très envie d’y retourner.

-A : Oui, mais je vois bien que c’est cohérent, ces traces subtiles. Mais il y a moins la charge émotionnelle qu’avant, où la simple évocation aurait été trop douloureuse, dans le corps, j’aurais fondu en larmes, la gorge serrée… tout ça très très très fort.

*P : Oui, il y a un vrai travail qui a été fait, et puis il y a le corps qui s’est aussi détendu tout à l’heure, qui a été entendu. Et ce qui reste maintenant, c’est des traces beaucoup plus subtiles.

-A : Oui, c’est comme des photos, comme la trace, le souvenir de… et moi je me dis, ah oui, c’est encore là. Il y a de lassitude en fait. Je ne suis pas dans la réjouissance là !

Éclat de rire qui reflète son état de tension

*P : Oui, c’est pas non plus la joie ! On veut bien y jeter encore un œil, mais faut peut-être pas demander de se réjouir ! Ce que je te propose, dans ces flashs, c’est de porter ton attention sur les êtres qui sont présents. Juste sur ces êtres, et leur dire «ouais, vous, je vous vois ».

-A : Elles sont toutes très lasses de tout ça.

*P : Pour elles aussi, il y a de la lassitude.

-A : Oui c’est touchant pour moi de voir que pour elles aussi il y a de la lassitude ! Parce que je pensais qu’elles étaient passées à autre chose, et que j’étais la seule à morfler !

*P : Oui, ça vient vraiment toucher parce que t’avais la sensation que pour ces êtres c’était ok, et qu’il n’y a que toi qui était encore là avec ces traces. Et ce qu’on est en train de voir, c’est que ces traces c’est le lien que tu as gardé avec elles parce qu’il y a peut-être quelque chose qui n’a pas encore été tout fait vu ou entendu. Et cette empreinte de quelque chose qui n’est plus là, c’était pour garder leur trace.

Le symptôme a toute sa pertinence car il est là spécialement pour révéler les Êtres qui appellent la conscience. Le symptôme agit comme un mémorial qui garde la trace des Êtres qui ont vécu ces événements afin qu’ils soient reconnus et que leur vécu soit validé. Le symptôme ne signale donc pas un dysfonctionnement mais un élan pertinent vers un besoin de complétude afin de réhabiliter les Êtres qui ont été clivés lors des événements traumatiques.

-A : Oui ! C’est ça !

Sanglots dans la voix

*P : Tu pourrais leur demander : « est-ce qu’il y a quelque chose que vous aimeriez que j’entende ? »

-A : Ah, c’est difficile pour moi là, j’ai du mal. J’ai les oreilles qui se ferment. Je me ferme.

Ce qui peut prendre l’allure d’une résistance est perçu comme l’opportunité d’un ajustement ou d’un éclairage. Il ne s’agit pas d’un obstacle mais d’un indicateur d’une meilleure façon de procéder, en indiquant qui écouter plus attentivement, quelle direction plus pertinente emprunter, ou quel ordre suivre. Le praticien suit cet indicateur avec une confiance inconditionnelle en cette pertinence à l’œuvre chez le consultant.

*P : Il y a quelque chose pour toi qui est difficile à entendre. Et du coup ça se ferme…

-A : Oui

*P : Ce serait quoi le risque d’entendre ?

-A : Ce serait … de prendre le risque … d’aimer en fait, au sens le plus grand !

Grande émotion

*P : Le risque d’aimer ! Ça surprend ça ! On ne s’attendait pas à ça !

Emerveillement, émotion partagée.

-A : Ben non !

Rires

*P : C’est comment pour toi, de mettre ça en lumière ? Que si tu entends, ben le risque c’est d'aimer?

-A : Ça veut dire que la colère, la justice, la révolte, tout tombe ! Quand on s’ouvre à l’amour il n’y a rien qui tient ! Ça veut dire qu’on ne pourra pas leur en vouloir ! On ne pourra plus les accuser, on ne pourra rien dire !

Je perçois du désarroi, un sentiment d’injustice.

*P : Oui, les oreilles se ferment parce qu’elles se disent si j’entends, ben le risque c’est d’être dans l’amour. Et si je suis dans l’amour, toutes ces notions de justice, de colère, de révolte, je ne pourrais plus les avoir.

J’accueille avec chaleur toute la pertinence à ne pas s’ouvrir à l’amour.

-A : Oui, c’est bizarre !

*P : Ce n’est peut-être pas si bizarre, parce qu’on peut-être en amour avec les êtres, dans ce qu’ils sont de lumineux, et en même temps regarder les actes comme quelque chose de répréhensible, qui est sous l’ordre de la justice et qui peut créer de la colère et de la révolte. Et c’est presque paradoxal, d’un côté on peut être en amour avec les êtres, tout en étant dans un désir de justice envers des actes. Est-ce que c’est entendable ça ?

Il importe de dissocier les Êtres (toujours inestimables) de leurs actes (qui peuvent être évalués et jugés). Cela permet de nourrir l’élan d’amour et de paix, tout en préservant le besoin de justice et le droit, légitime, à la colère.

-A : J’entends, mais il y a quelque chose en moi qui ne sait pas ! Je ne sais pas comment c’est possible ça ! C’était soit l’un soit l’autre, mais les deux en même temps, je ne sais pas !

*P : C’est de l’inconnu ça ! Les deux en même on n’y est pas habitué, à dire je suis dans l’amour pour les êtres et en même temps j’ai une soif de justice et j’ai de la colère ! C’est comme si on ouvrait un chemin vers quelque chose qui est inconnu. Et si c’est soit l’un soit l’autre, ce désir de justice est si important, qu’on ne peut pas le lâcher. C’est comment d’entendre ça ?

Reconnaissance du besoin impérieux de justice, qu’on ne peut en aucun cas lâcher, au risque de se trahir.

-A : C’est très précieux. Je suis en train de goûter le fait d’entendre ça. Ça me fait du bien !

*P : Oui il y a quelque chose qui vient toucher au plus profond de soi, de se dire mais en fait peut-être que je peux faire les deux ; peut-être que d’un côté je peux être dans l’amour et aussi de l’autre côté être dans mon besoin de justice. Et l’un n’empêche pas l’autre.

Grande délicatesse et proximité à la fois avec la consultante, et avec les Êtres émergents.

-A : Oui, oui vraiment.

*P : On ne sait pas forcément comment ! Mais ça existe.

Ton de l’humour

-A : c’est ça ! Et l’entendre c’est très très bon. D’entendre que tant que c’était soit l’un soit l’autre je ne pouvais pas m’ouvrir à l’amour et trouver le moyen de nourrir mon besoin de justice, ça fait du bien. Je sens mon corps qui se détend, ça me fait comme quelque chose qui s’ouvre à la possibilité que ce soit l’un avec l’autre, sans savoir comment. Mais c’est ok de ne pas savoir comment !

Rires

*P : Ok. [je fais un récapitulatif du chemin parcouru depuis le début de la séance, des êtres rencontrés, afin de porter à nouveau l’attention sur les êtres qui vivent de la lassitude- non retranscrit ici par souci de synthèse]. Et cette possibilité d’amour tout en préservant le besoin de justice et la légitimité de la colère, c’est comment pour les êtres qui étaient dans la lassitude ? C’est quelque chose qu’ils ont pu entendre ?

-A : Oui ! Ça me donne des frissons partout quand je me connecte à eux.

*P : Ah !?

-A : Il y a de la peur.

*P : C’est la peur de quoi ?

-A : Ils ont peur d’entendre des reproches de ma part.

*P : Tu peux leur valider « vous avez peur qu’on vous fasse des reproches !? »

-A : ben là je me sens moins proche. Je ne suis plus connectée. Tu vois d’habitude je ferme les yeux, je me laisse toucher, mais là j’ai les yeux ouverts, je ne sens plus de présence. Je ne sais pas pourquoi.

*P : Quand ces êtres parlent de cette peur du reproche, c’est comme s’il y avait quelque chose qui déconnectait en toi !?

-A : Il y avait de la justesse, quand on le rencontre, mais une fois fait… ça déconnecte.

*P : D’accord. C’est quoi ce truc qui déconnecte ? Tu pourrais placer l’attention dessus ?

Dans une séance de maïeusthésie, on ne cherche pas ce qui se cache, on accueille juste ce qui se montre et appelle à être reconnu, en allant vers ce qui appelle en priorité. Le praticien préfère rechercher le sens, la pertinence, la justesse qui s’expriment à travers ce sentiment de déconnexion plutôt que d’y voir un obstacle.

-A : Ce qui me vient spontanément c’est qu’il faut y aller en douceur, comme quelque chose qui donne de la respiration.

*P : ouais, y aller en douceur. Tu pourrais lui dire, à celui qui déconnecte : « toi t’es comme ma soupape de sécurité, tu t’assures que j’y vais en douceur. »

Réjouissance à rencontrer ce nouvel être qui est là pour assurer d’y aller en douceur.

-A : Ouais, ça ressemble à ça oui.

*P : Dis-lui « t’es là pour que j’y aille en douceur, qu’on fasse des pauses. »

-A : Oui, exactement.

Grande émotion

*P : Oui, ça te touche ça, d’être entendue dans le besoin d’y aller en douceur.

-A : C’est super précieux ! merci ! Ça je ne l’avais jamais vraiment rencontré.

*P : D’être entendue à cet endroit-là. Cet être qui déconnecte, il vient aussi sauvegarder, prendre soin.

-A : Tu vois, ça, d’être accueillie à cet endroit-là, ça me met à nouveau cette pression dans la gorge.

Émotions

*P : Tu vois c’est intéressant parce que quand on reconnaît l’importance de ce quelque chose qui déconnecte, ben il y a cette sensation qui revient. Comme si on pouvait s’autoriser à la ressentir un petit peu à nouveau, parce qu’on sait qu’on est proche de ce quelque chose qui déconnecte, qu’on sait qu’on pourra y aller en douceur.

-A : Oui

*P : Je te propose d’être en proximité de celui qui déconnecte, qui est comme un protecteur, et qu’ensemble vous tourniez votre attention vers ce qui presse au niveau de la gorge. En sachant qu’il est là, comme un bouclier, et moi aussi je suis là, je vous accompagne. Et juste voir, cette empreinte au niveau de la gorge, ça vient raconter quoi ?

-A : Il y a une image d’écrasement. On dirait quelqu’un qui tue quelqu’un d’autre en écrasant la gorge. Ce n’est pas un souvenir… c’est étrange. J’ai la sensation d’à la fois être acteur et d’être receveur. Les deux à la fois.

Identification de nouveaux Êtres qu’il est nécessaire de rencontrer avant de revenir à celles qui sont apparues dans les flashs vers lesquelles la consultante peine à aller.

*P : D’accord. C’est intéressant cette sensation d’être à la fois celui qui est écrasé, et celui qui écrase. Est-ce que ton attention est plus appelée vers l’un ou vers l’autre ?

Le praticien se laisse guider par ce qui se présente, et se connecte avec confiance aux réalités subjectives de celui qu’il accompagne. On ne sait pas si cela a existé ou s’il s’agit de représentations symboliques, mais on accompagne ce que la personne évoque comme une réalité.

-A : Non c’est les deux en même temps.

*P : On peut alors porter l’attention sur ces deux êtres et leur dire : « c’est pas très cool ce que vous être en train de vivre là !? »

Tact psychique, tout en restant dans la non-gravité..

-A : Ah mais c’est une bagarre ! Ils sont en train de se faire la même chose mutuellement l’un l’autre. Ils ont chacun les mains sur la gorge de l’autre.

*P : Demande-leur : « c’est comment de vivre ça ? D’avoir des mains qui enserrent votre gorge ? »

-A : C’est étrange, il y a de la rage, et en même temps la sensation de ce que ça fait ! Plus il y a la sensation d’écrasement plus on a envie d’écraser l’autre. Plus ils font mal plus ils ont mal !

*P : C’est ça, il y a un effet miroir, plus j’appuie, plus je suis étranglé ! Tu peux leur valider ça, ce ressenti étrange : « il y a tellement de rage que vous appuyez, plus vous appuyez plus vous vous sentez étranglé. Vous êtes complètement coincés là! »

-A : Oui c’est ça. Ça fait comme un bug dans le cerveau. Ils comprennent qu’ils sont coincés, ils ne peuvent pas arrêter parce qu’ils risquent de mourir. Le seul moyen d’arrêter ce serait d’arrêter en même temps, mais pour ça il faut se faire confiance ! Mais là il y a trop de rage.

Rires, surprise.

*P : Là elle est trop grande la rage, vous voyez qu’il y a peut-être une solution, mais là il y a trop de rage pour aller vers ça. Elle est comment cette rage !?

-A : Ben c’est au point de s’écraser la gorge !!

Rires

*P : Oui, on n’est pas dans la petite colère ! Elle est tellement immense cette rage qu’il n’y a pas de place pour la confiance. Est-ce qu’ils entendent ça, qu’on prend la mesure de leur rage ?

-A : Ouais ! Quand même, c’est comme s’ils étaient dans une bulle, mais quand même ils entendent.

Soulagement

     C’est comme s’ils étaient dans une boule, et ça roule, ils sont pris dedans. Ils sont entraînés dedans.

*P : Et ça fait longtemps qu’ils sont coincés dans cette boule, dans ce truc qui les dépasse, avec toute cette rage ?

-A : Oui, depuis très très longtemps !

*P : Tu peux placer l’attention sur le moment où ça a commencé ?

-A : Alors là ce qui apparaît, c’est deux frères… bon ok, je dis ce qui passe ! C’est deux frères qui se battent pour une femme.

*P : Ok, ils se battent pour l’amour d’une femme. Ils ressentent quoi là ?

-A : De la trahison.

*P : Tu peux leur valider, que c’est tellement fort ce sentiment de trahison, que c’est au point de vouloir s’entretuer ?

-A : oui.

*P : C’est comme si pour recevoir de l’amour il fallait en passer par la trahison !?

-A : C’est surtout le retour vers soi, comme s’ils ne s’étaient pas écoutés. Ils ne se sont pas écoutés eux-mêmes. La première personne qu’ils ont trahie c’est eux-mêmes en fait.

*P : Oui, la plus grande des trahisons c’est envers soi-même !?

-A : C’est ça qui amène à vivre d’autres trahisons avec les autres, mais c’est d’abord avec soi-même.

*P : Et du coup, ce qui les met en rage à ce point, c’est cette trahison envers eux-mêmes.

-A : C’est ça, elle prend sa source à cet endroit-là. La rage prend sa source là où on s’est trahi soi-même.

*P : C’est tellement douloureux de s’être trahi soi-même qu’on en arrive à s’auto-étrangler ! Avec cet effet miroir, c’est tellement douloureux à cet endroit-là qu’on ne peut pas lâcher la rage. Est-ce qu’ils arrivent à l’entendre ça ?

-A : Oui ! D’ailleurs ils ne sont plus en train de se battre, ils sont assis au sol, les bras au sol.

*P : D’accord. Il y a quelque chose qui vient s’intégrer en eux, on vient les rencontrer là où eux-mêmes n’avaient pas pu se rencontrer, dans cette trahison énorme où l’on vient s’oublier soi !?

-A : Oui.

*P : Est-ce qu’il y a quelque chose qu’ils voudraient qu’on entende ?

-A : Ils sont épuisés.

*P : Oui, dis-leur « j’entends que vous êtes épuisés d’avoir bataillé aussi longtemps, contre vous-mêmes »

-A : oui, ça les rend moins sombres, un peu plus éclairés, plus lumineux quoi.

*P : C’est ça, une fois qu’on a vu la rage, et la trahison, qui est peut-être la plus grande des trahisons parce qu’elle est tournée contre soi, et qu’on voit tout l’épuisement que ça a créé, eh bien il y a quelque chose de plus lumineux qui émerge. Est-ce qu’ils arrivent à le contacter, ce côté plus lumineux ?

-A : Pas vraiment. Ce qui vient c’est la culpabilité, de s’être trahi soi-même.

*P : D’accord. Quand on met ça en lumière, il y a la culpabilité qui arrive. De se dire tout ça pour ça ! Alors que ce qui est vraiment insupportable pour eux, c’est de s’être trahi soi-même.

-A : Oui, c’est ça.

*P : tu pourrais-même leur dire : « C’est vraiment douloureux pour vous de voir que ça se jouait de vous à vous, c’est comme une culpabilité de soi à soi, de s’être abandonné, de s’être livré cette bataille intérieure pendant si longtemps. »

-A : … Soupir, bâillement

*P : Ouais, c’est pas rien ce qu’on vient de voir là.

-A : Oui ! Je la sens la fatigue là !

Rires

*P : Ben ouais, tu m’étonnes !

       Et pour eux, c’est comment ?

-A : Ils sont comme dans un état de récupération.

*P : Ils ont besoin d’un temps pour eux, pour intégrer !? Ils ont bataillé pendant tellement longtemps !

-A : Oui, c’est complètement ça ! Et là ils se réveillent et se disent mais elle, elle est où ? Ils avaient complètement zappé l’objet …

Rires, surprise 

*P : Ça c’est quand même quelque chose ! Tu peux leur dire « vous avez été tellement occupés à vous battre contre vous-mêmes que vous en avez oublié l’objet de votre bataille, qui est l’amour ! C’est complètement passé à la trappe ! »

-A : c’est ça, il y avait tellement de rage que l’être pour qui ils disaient se battre, ils l’ont zappé ! Au moment où il y a la prise de conscience que c’est la trahison envers soi-même qui alimente la rage, et que du coup ça se pose, là ils se rappellent de cette femme, (rires) ils lèvent la tête tous les deux. Il se disent elle est où ?

*P : Ah oui, il y a ça ! Quand la rage, la colère, la trahison, la culpabilité, que toutes ces couches émotionnelles ont été vues, il y a un sursaut de se dire qu’il y avait quand même un truc plaisant à la base !

-A : Et ce qui était beau c’est que ce n’était pas l’objet, mais l’Être dont ils se sont souvenu.

*P : Oui, c’est touchant de voir que quand ils se reconnectent à eux-mêmes, ça leur permet de voir l’autre dans ce qu’il est, plus l’objet, mais l’Être.

-A : Ah mais c’est tellement précieux ça ! Ça résonne énormément pour moi, c’est qu’à partir de ce moment-là qu’on peut tourner le regard vers l’Être ! Quand toutes les couches ont été vues !

*P :  Ils ont ouvert une nouvelle voie ! Et j’ai bien envie qu’on leur propose : « ça serait ok pour vous qu’on fasse un petit truc ensembles, maintenant que vous savez comment on fait », peut-être te rapprocher d’eux pour faire équipe, et ensemble porter l’attention vers tous ces êtres, qui sont là, qui sont apparus à travers les flashs et qui à un moment ont ressenti de l’appréhension à recevoir des reproches…

La rencontre de ces Êtres permet à la consultante de valider la colère, la trahison de soi et la culpabilité qui en découle pour enfin être en mesure d'accéder à la dimension d’amour. Ce n’est qu’à partir de cette remédiation qu’elle est en mesure de revenir vers les Êtres qui ont vécu des traumatismes (qu’elle peinait à rencontrer tant il y avait d'émotions).

-A : Ouais, ouais !

*P : Juste voir comment c’est pour eux ?

-A : Ils sont très émus.

*P : Ouais, ça les touche qu’on soit là avec eux. Est-ce qu’il y a quelque chose qu’ils aimeraient qu’on entende ?

-A : Ça fait du bien l’ouverture, qu’il n’y ait pas de reproches.

*P : On a tracé cette ouverture à l’être, et c’est comme si maintenant on était capable de s’ouvrir pleinement aux êtres qui sont là.

-A : hmmm

La consultante goûte au sentiment de bien-être

*P : C’est très touchant.

-A : Oui.

*P : C’est comment pour toi ?

-A : C’est touchant hein ! Tu te dis « ah ! C’est super ! » de me sentir capable de ça, c’est énorme ! C’est nouveau pour moi, de sentir l’ouverture envers ces êtres qui ont vécu ces trucs traumatisants ! C’est agréable à ressentir.

*P : Oui c’est plus sympa de ressentir ça que d’être en tension permanente ! Et en même temps, cette tension, on pourrait avoir un petit regard sur cette tension, cette insécurité qui était là, et sur tous ces êtres qui l’ont portée, parce que c’est ce qui a permis de garder une trace et d’aller là où on est allé plein de fois, mais là on n’y est pas allé de la même façon. Et c’est comme si tout ça, qui n’était pas très agréable à vivre, ça avait permis de retrouver ces êtres qui sont apparus à travers les flashs, et de les rencontrer pleinement, autrement.

Une fois la thérapie accomplie, nous honorons le porteur de symptôme : celles qui ont éprouvé ce sentiment d’insécurité sur une longue période et qui ont ainsi permis de garder le chemin vers cette zone inestimable de la psyché qui attendait d’être un jour réintégrée (le Êtres qui ont vécu les traumatismes et qui avaient le sentiment de s'être trahis).

 -A : Oui, ça fait sens.

*P : Sacré chemin ! Et si on revient au début de ce parcours, quand tu as évoqué ce sentiment de profonde insécurité, qui était difficile à rencontrer seule, est-ce que quelque chose a changé ?

Enfin le praticien propose une vérification du symptôme initial afin d’évaluer s’il appelle encore, s’il s’est modifié, ou s’il a disparu.

-A : Je me sens détendue… et je n’ai pas d’apriori. Je n’ai pas de pensées d’inquiétude, j’ai plutôt une ouverture. Ce qui me vient c’est voyons voir !

*P : C’est génial ! Ça te va si on en reste là ?

-A : Merci à toi ! Plein de pierres précieuses tout au long du chemin !

*P : Merci à toi.